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November 27, 2017

Huit clés d’une stratégie IIoT / Industrie 4.0 réussie

Huit clés d’une stratégie IIoT / Industrie 4.0 réussie
Table des matières

Par François Monette, Cogiscan

L’Industrie 4.0, ou l’IIoT (Internet industriel des objets), peut sembler intimidante, et il est facile de renoncer à amorcer le virage vers l’usine intelligente de peur de ne pas avoir tous les éléments en place. Chez Cogiscan, notre approche a toujours été plus pragmatique et plus collaborative. Quand nous discutons avec des clients qui explorent l’Industrie 4.0, nous leur recommandons rapidement de ne pas voir trop grand d’un coup, d’avancer étape par étape et de bâtir leur stratégie à partir des fondations.

Depuis que l’expression « Industrie 4.0 » est entrée dans notre vocabulaire, il y a cinq ou six ans, nous avons travaillé avec de nombreuses entreprises, clientes comme partenaires, à la création de plateformes qui soutiennent leurs objectifs et procurent le rendement du capital investi (RCI) qu’elles recherchent. Voici quelques-uns de nos conseils pour élaborer une stratégie Industrie 4.0 ou IIoT solide et fructueuse.

1. Le diagnostic
Une stratégie IIoT ou Industrie 4.0 n’est pas universelle : c’est une solution sur mesure. C’est pourquoi nous aimons commencer par un diagnostic, afin de comprendre exactement où en est un fabricant et où il souhaite — ou s’attend à — se rendre. Tout part d’une compréhension détaillée des systèmes en place, de ce qui fonctionne et de ce qui devrait être remplacé. Vient ensuite l’examen de ce que chacun espère accomplir, et pourquoi. Comprendre la situation actuelle, les cibles et les motivations derrière l’implantation de l’IIoT ou de l’Industrie 4.0 est essentiel à l’élaboration d’un plan.

Une fois ce diagnostic terminé, nous pouvons situer le point de départ et le point d’arrivée, puis analyser comment y parvenir. Cette analyse des écarts permet de concentrer les efforts et les ressources là où les besoins sont réels et où l’incidence et le rendement du capital investi seront les plus grands.

2. Des fondations solides
L’Industrie 4.0 doit reposer sur des fondations solides. Mettre les bons éléments en place dès le départ est essentiel pour pouvoir ériger une structure robuste par-dessus. Plusieurs des éléments qui composent ces fondations sont mentionnés plus loin : protocoles et stockage de données fiables, communication de machine à machine, infrastructure à l’échelle de l’usine, sécurité des données, et bien d’autres. Mais il importe de ne pas s’enliser dans les détails à cette étape et de rester bloqué avant même d’avoir commencé. Le pas le plus difficile sur tout parcours est le premier, et cela n’a jamais été aussi vrai que dans un projet à l’échelle de l’usine qui finira par toucher chaque volet de l’entreprise.

Des fondations solides exigent du travail d’équipe et un engagement de toute l’entreprise envers le parcours vers l’Industrie 4.0. L’adhésion de tous les échelons de la direction, du sommet vers la base, est essentielle, tout comme celle des équipes du plancher de production.
Les opérateurs doivent sentir que la stratégie est là pour les aider, non pour les remplacer. L’IIoT exige la collaboration des opérations et des TI : ces équipes doivent donc partager les mêmes objectifs et une réelle volonté de travailler ensemble pour créer de la réussite et de la valeur pour l’entreprise, ses clients et ses fournisseurs ou partenaires.

3. La collecte, le stockage et la sécurité des données
Je sais que nous parlons beaucoup de données, mais l’adage « à données médiocres, résultats médiocres » n’a rien perdu de sa justesse. L’intégrité des données est la pierre d’assise de toute stratégie d’automatisation. Le recours à des algorithmes pour traiter des mégadonnées peut masquer des erreurs flagrantes ou des valeurs aberrantes qu’un humain aurait repérées et corrigées. De bonnes données ne sont pas seulement importantes pour l’intégrité de l’information et la prise de décision : elles sont essentielles à la traçabilité, une autre pierre d’assise de l’Industrie 4.0.

La collecte des données doit être exacte, et celles-ci doivent être stockées de façon sécuritaire et dans un format qui garantit leur traitement adéquat. Cela suppose des normes de communication définies, des protocoles de transmission de l’information et un intergiciel qui normalise et structure les données recueillies sur le plancher de production, afin que d’autres systèmes puissent les utiliser.
Les bases de données et les tables doivent être structurées de manière que différentes applications puissent y stocker et en extraire des données en très peu de temps.

4. L’Industrie 4.0 ne se résume pas aux normes
Toute industrie a besoin de normes, et une stratégie axée sur les données en a besoin plus encore, mais il n’est pas réaliste d’attendre d’une seule norme industrielle qu’elle réponde à tous les besoins du secteur. Dans les faits, de nombreuses normes existent déjà et plusieurs autres sont en cours d’élaboration. Le pragmatisme et l’ouverture d’esprit font partie du caractère de Cogiscan, et nous les jugeons essentiels non seulement à notre propre réussite, mais aussi à celle de nos clients.

Que les normes adoptées proviennent de consortiums, de fabricants de machines et d’éditeurs de logiciels ou d’associations sectorielles, il importe de savoir que votre stratégie, et le système à installer, peuvent s’adapter rapidement au changement. Il faut aussi comprendre qu’il ne s’agit pas seulement d’interfaces machines : il vous faut également une intégration logicielle qui permet à plusieurs systèmes de fonctionner ensemble en toute transparence.

Vous voudrez raccorder sans heurt à votre écosystème les nouvelles machines « intelligentes », mais aussi les machines plus anciennes, qui n’ont peut-être pas la capacité d’utiliser les nouvelles normes. Bref, les normes sont importantes, mais une approche ouverte et agnostique vous rendra plus résilient et mieux préparé pour l’avenir.

5. Gardez les yeux et les options ouverts
Dans la suite de mon propos sur les normes, je suis convaincu qu’une approche ouverte est essentielle. Fermer des portes en retenant une seule norme ou la solution d’un seul fournisseur vous expose à vous enfermer dans une voie unique — ou, pire, dans une voie désuète.

Nous sommes constamment à l’affût de la prochaine grande avancée qui touchera notre industrie et nos produits, mais nous sommes assez lucides pour reconnaître que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins futurs du secteur. Aucune entreprise n’est assez grande pour offrir une solution à chaque besoin : adopter une approche pragmatique et garder l’œil sur l’industrie devrait donc vous permettre de tirer parti des nouvelles solutions, d’où qu’elles viennent. Cela ne fonctionnera que si vous bâtissez un écosystème qui ne vous enferme pas.

6. Maximisez la valeur de vos solutions actuelles avant d’investir dans de nouvelles
Il est stimulant d’acheter de l’équipement neuf, d’installer de nouveaux logiciels et d’appliquer de nouvelles idées, mais il y a parfois beaucoup à tirer de l’équipement et des solutions déjà en place. La plupart des usines disposent d’un large éventail de systèmes d’automatisation et de logiciels. Leur implantation a demandé beaucoup de temps et d’efforts, et peu de directeurs de production voudront tout retirer et tout remplacer d’un coup. En plus d’être très coûteuse, une telle approche peut perturber les opérateurs et les opérations.

Faites le portrait de la situation actuelle et de l’état souhaité. Réalisez l’analyse des écarts dont je parlais plus tôt et essayez de tirer le maximum de ce que vous avez déjà avant de vous rendre au prochain salon professionnel, chéquier en main. Une stratégie gagnante examine ce qui est disponible avant de prôner de nouveaux investissements.

7. Visez un véritable rendement du capital investi et mesurez-le
L’Industrie 4.0 doit livrer la marchandise : sinon, à quoi bon ? Dès le début de toute discussion sur l’automatisation, l’usine intelligente, l’IIoT ou l’Industrie 4.0, il faut comprendre les objectifs de nos clients et la façon de les mesurer. Une stratégie Industrie 4.0 n’est pas sans coûts, et ceux-ci peuvent aller de projets modestes et ciblés à de grands chantiers à l’échelle de l’entreprise qui transforment sa façon de fonctionner. Quelle que soit leur ampleur, ces projets doivent tous intégrer au programme un calcul du rendement du capital investi, ainsi que les outils et les systèmes nécessaires pour en mesurer les résultats.

Il est souvent judicieux de commencer par un projet plus petit ou plus ciblé, qui vous permet d’apprendre comment appliquer l’Industrie 4.0 dans le monde réel et dans votre entreprise. Cela veut dire constituer l’équipe, bâtir un plan et l’exécuter. Visez la réussite dès le premier projet et ne placez pas la barre trop haut ni trop loin dans le temps. Choisissez un projet dont vous pouvez voir et mesurer le rendement du capital investi, et qui vous apprendra comment votre entreprise et votre équipe réagissent au changement. Servez-vous de ce projet pilote pour aplanir quelques difficultés, et peut-être pour créer une équipe-noyau interne qui pourra ensuite déployer des projets plus vastes et plus ambitieux, ou encadrer d’autres équipes.

8. La collaboration est essentielle
Tout, dans l’Industrie 4.0, est affaire de collaboration. Qu’il s’agisse de collaboration entre machines, entre services — les TI et les opérations, par exemple —, voire entre entreprises, entre personnes et robots. J’ai parlé d’une approche pragmatique et ouverte, mais cela va encore plus loin. Je crois fermement que les entreprises qui connaîtront le plus de succès ne seront pas celles qui se referment et s’accrochent à leur technologie en exigeant que leurs clients achètent toutes leurs solutions chez elles. Celles qui réussiront seront les plus ouvertes : ouvertes aux nouvelles idées, ouvertes à essayer de nouvelles choses et ouvertes aux nouveaux partenariats et collaborations.

Nous avons toujours considéré nos partenaires comme l’un de nos plus grands atouts, et les tendances liées à l’Industrie 4.0 l’ont confirmé. Une collaboration résolue, en amont comme en aval de la chaîne de valeur, a fait de nous une entreprise plus agile, et elle peut faire de même pour votre stratégie Industrie 4.0 et, par ricochet, pour votre entreprise.

En conclusion
Voilà quelques-unes de nos observations, formulées depuis la première ligne, là où nous vivons l’IIoT et l’Industrie 4.0 au quotidien ; mais il y a plus à dire, et il y aura encore plus à venir. De nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle (IA), l’apprentissage profond et la réalité augmentée (RA) auront vraisemblablement une incidence sur notre industrie dans les prochaines années. C’est peut-être pourquoi je considère que le plus important de nos conseils est de rester ouvert, ouvert d’esprit et ouvert à la collaboration.

BIOGRAPHIE

François Monette a fondé Cogiscan en 1999 avec André Corriveau et Vincent Dubois, à Bromont, au Canada ; il en est aujourd’hui vice-président des ventes et du marketing. Diplômé en génie de la production de l’Université McGill, à Montréal, François a amorcé sa carrière chez IBM et travaillé chez les sous-traitants C-Mac et Selectron avant de se joindre à Universal Instruments à titre d’ingénieur commercial principal. Il n’est pas étonnant que François soit revenu à Bromont, où il s’était d’abord installé pour profiter de la multitude d’activités sportives de plein air pendant qu’il travaillait chez IBM. Quand il n’aide pas des clients à atteindre leurs objectifs d’usine intelligente, on peut le croiser à vélo ou à la course sur les sentiers près de chez lui et du siège social de Cogiscan.

Publié à l’origine dans la revue I4.0 Today, p. 14-15, ici.

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